Les camps, les déportations, sont les aspects les plus connus de la persécution des juifs de France. Mais il y eut aussi une longue série de lois et de mesures, promulguées dès 1940, les transformant en parias et refermant le piège.
En voici une liste – incomplète :
3 octobre 1940 :
Le gouvernement de Vichy promulgue le
Statut des Juifs.
Ils ne pourront plus, entre autres, être magistrats ni officiers. Ils sont
exclus de la police, de l’enseignement (où quelques dérogations sont prévues en
faveur des anciens combattants), de la presse, du cinéma, du théâtre et de la
radio. Est considéré comme Juif celui qui a trois grands-parents juifs, ou deux,
si son conjoint est juif.
2 juin 1941 :
Second statut. Est Juif "celui qui appartenait à la
religion juive le 25 juin 1940, et qui est issu de deux grands-parents de race
juive".
La liste des professions interdites s’allonge.
En 1941 :
"numerus clausus" pour les médecins, les avocats, les
notaires, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes, les sages -femmes, les
architectes, pour l’inscription des étudiants dans les universités.
En zone occupée :
"Dans aucune entreprise les Juifs ne devront plus être
occupés comme employés supérieurs ou comme employés en contact avec le public"
(26 avril). Puis, à dater du 1
er juillet, interdiction d’être
voyageur de commerce, marchand ambulant, vendeur de billets de la Loterie
Nationale, etc.
Les juifs sont, peu à peu, dépouillés de leurs biens.

Les Juifs sont recensés, marqués...
18 octobre 1940 :
Les entreprises juives doivent être déclarées.
15 décembre 1940 :
En zone occupée, "pour éliminer l’influence
israélite de l’économie nationale", des commissaires- gérants prendront la
direction des entreprises juives. L’affiche jaune signalant un magasin juif sera
remplacée par une affiche rouge disant :
"Direction assurée par un commissaire-gérant aryen".
Loi du 9 mars 1941 :
Le Commissaire général aux Questions juives est
chargé, entre autre, "de pourvoir... à la gestion et à la liquidation des biens juifs".
22 juillet 1941 :
Dans toute la France, des administrateurs provisoires.
peuvent être nommés pour les entreprises, immeubles et biens meubles appartenant
aux juifs (sauf les locaux où ils habitent). Le produit des ventes est versé à
des comptes bloqués.
25 août 1941 :
Tous les avoirs juifs en zone occupée sont bloqués.
Les juifs ne pourront retirer de leur compte que les sommes nécessaires à leur
vie courante, le montant de ces sommes étant fixé par l’établissement financier.
17 décembre 1941 :
Une amende d’un milliard de francs est imposée aux
juifs par les autorités allemandes.
Les Juifs sont recensés, marqués.
Octobre 1940
En zone occupée, obligation de se déclarer, pour être inscrit sur un registre spécial.
Juin 1941 :
Le recensement est étendu à toute la France.
29 mai 1942 :
En zone occupée, obligation aux juifs, à partir de
l’âge de six ans, de porter l’étoile jaune, cousue bien visiblement sur
le côté gauche de la poitrine.
11 décembre 1942 :
Dans toute la France, obligation de se présenter à la police ou la gendarmerie pour faire apposer la mention "juif" sur la carte d’identité et la carte d’alimentation.
En zone occupée :
Une succession de règlements frappent la vie quotidienne.
En 1941 :
Interdiction d’avoir des postes de radio. Confiscation des
bicyclettes.
En 1942 :
Interdiction de changer de résidence, et d’être hors de son
logement entre 20h et 6h. À Paris, les Juifs ne sont autorisés à voyager que
dans la dernière voiture du métro.
Interdiction aux Juifs de fréquenter les établissements ouverts au public
(cinéma, théâtre, musées, piscines, bibliothèques, cafés, restaurants, parcs
et jardins publics, etc.).
Ils ne sont autorisés à faire leurs achats dans les magasins (ou à les faire
faire par d’autres personnes) qu’entre 15h et 16h.
Leurs lignes téléphoniques sont supprimées, et il leur est interdit de
téléphoner d’une cabine.
En Afrique du Nord :
3 octobre 1940 :
Le statut des Juifs est "applicable à l’Algérie,
aux colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat"
7 octobre 1940 :
Abrogation du "décret Crémieux" de 1870 qui
accordait aux juifs d’Algérie la nationalité française. (Dérogation pour les
anciens combattants).
En Algérie en particulier :
18 juillet 1941 :
Loi prescrivant le recensement 1941 : "numerus clausus" pour les étudiants, les médecins, les sages-femmes, etc.
Interdictions professionnelles.
En 1942 :
"numerus clausus" dans les écoles publiques.
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