Sans le témoignage de survivants, la dimension humaine de la catastrophe de la Shoah resterait un
objet de spéculation, peut-être d'incompréhension.
Les victimes, elles, ne peuvent témoigner : les voix des enfants cachés nous permettent d'entrevoir ce
que fut leur existence jour après jour, de comprendre, quelque peu, leurs humiliations, leur douleur
d'être séparés de leurs parents, leur déracinement, leur besoin instinctif de survivre...
La plupart d'entre eux n'ont pas passé par des camps d'extermination, mais ceux qui ont fait la cruelle
expérience des camps d'internement en France, tels que Gurs, Rivesaltes ou autres et qui en sont sortis,
laissant derrière eux des parents, des grands-parents, des frères ou des soeurs, sont aujourd'hui encore
étonnés d'être "là". Le témoignage de ces "Enfants Cachés" est douloureux. Ils ont été ballottés de
maisons d'enfants en familles d'accueil, certains ont été cachés dans des couvents, d'autres ont passé
clandestinement des frontières ; tous dans la peur de la police française, de la Gestapo et dans l'angoisse
de la déportation.
Les textes qui figurent dans cette brochure ont paru dans Mémoire Vive.
Ils ont été écrits par des hommes et des femmes à qui on a volé l'enfance et l'adolescence et dont les
blessures ne cicatrisent pas.
Vous lirez dans les pages suivantes ces témoignages qui n'ont aucune prétention littéraire : ce ne sont,
malgré leur apparence pondérée, que des témoignages incontournables, sur la Shoah en France,
refoulés pendant plus de soixante ans.

ILS ÉTAIENT HEUREUX LE JOUR
ET PLEURAIENT LA NUIT
Rachel Pludermacher, éducatrice à Chabannes
(Maison d'enfants de l'OSE)
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